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Cycle ICANN 2026 pour de nouvelles extensions : le moment de décider

Le cycle ICANN 2026 marque le retour d’un rendez-vous rare dans la gouvernance de l’Internet. Entre avril et août 2026, entreprises, institutions et porteurs de projets pourront candidater à la création de nouvelles extensions de premier niveau. Procédure, calendrier, coûts et enjeux stratégiques, ce rappel synthétique fait le point sur ce qu’il faut savoir, et surtout sur ce qu’il faut anticiper.

Le prochain cycle de création de nouvelles extensions Internet approche. La fenêtre de dépôt des candidatures ouvrira au plus tard le 30 avril 2026 et se clôturera le 12 août 2026 à 23:59 UTC. Ce round s’inscrit dans un moment particulier de l’histoire du DNS, plus de quarante ans après symbolics.com[1], à l’aube d’un nouveau cycle de structuration du nommage Internet (voir Quarante ans de DNS, de symbolics.com à l’aube du round 2026). Le contexte n’est plus expérimental mais stratégique.

Nouveaux gTLDs

Un gTLD (generic Top-Level Domain) est une extension de premier niveau située à droite du point dans un nom de domaine. Contrairement aux extensions nationales (.fr, .de, .au), un gTLD n’est pas rattaché à un territoire mais à une logique d’usage ou d’identification.

Dans le cadre du programme ICANN, plusieurs grandes catégories doivent être clairement distinguées.

Extensions génériques ou descriptives. Il s’agit de mots du langage courant, de termes sectoriels ou conceptuels, tels que .HOTEL, .ONLINE, .SHOP ou .GREEN. Ces extensions sont conçues pour être exploitées de manière ouverte ou semi-ouverte, au bénéfice d’un écosystème, d’un marché ou d’une communauté d’acteurs. Elles impliquent des choix structurants en matière de gouvernance, de politique d’enregistrement et de positionnement concurrentiel.

Extensions de marque : les .MARQUE[2]. Dans ce modèle, l’extension correspond à une marque enregistrée et son usage est strictement réservé au titulaire de droits. Le gTLD devient alors une brique d’infrastructure numérique, permettant de structurer l’identité en ligne, les parcours clients, la sécurité et la confiance, bien au-delà d’un simple site web (voir un .MARQUE, plus qu’une simple extension, une architecture propriétaire).

Extensions communautaires. Elles sont destinées à une communauté clairement identifiée, professionnelle, culturelle, linguistique ou sectorielle, comme .BANK pour le secteur bancaire ou .PHARMACY pour les acteurs autorisés de la distribution pharmaceutique.

Extensions géographiques. Les TLDs .AFRICA, .PARIS, .TOKYO ou .NYC, correspondent à des noms de villes, régions ou territoires et supposent le soutien explicite des autorités publiques concernées, ce qui en fait des projets intrinsèquement politiques autant que techniques.

Une procédure exigeante

Le dépôt d’une candidature ICANN n’est ni un simple formulaire ni une formalité technique. L’Applicant Guidebook[3] décrit une procédure rigoureuse.

Tout commence en amont. Le candidat doit être une entité juridique constituée, disposer d’une gouvernance claire, de capacités financières démontrables et d’un projet cohérent. Un compte officiel doit être créé sur la plateforme ICANN dédiée (TLD Application Management System ou « TAMS »), avec authentification renforcée. C’est à ce stade que se joue l’essentiel, structuration du projet, articulation avec l’écosystème existant.

Une fois la fenêtre ouverte, entre fin avril et mi-août 2026, la candidature est soumise intégralement en ligne. Le dossier repose sur trois piliers : l’organisation, la solidité financière et le projet d’extension lui-même. Le volume d’informations et les contrôles successifs rendent toute précipitation relativement dangereuse. La hâte est mauvaise conseillère, mieux vaut s’y prendre suffisamment tôt.

Après le 12 août 2026 à 23:59 UTC, les possibilités de modification deviennent exceptionnelles et strictement encadrées.

Enfin, la phase souvent sous-estimée arrive, le paiement. La redevance d’évaluation doit être réglée rapidement après la clôture. À défaut, la candidature peut être écartée sans examen approfondi.

Le coût

Le prix d’entrée pour l’évaluation ICANN est fixé à 227 000 USD par candidature.

À ce coût initial peuvent s’ajouter des frais complémentaires, notamment pour les extensions géographiques, communautaires, ou assorties d’engagements spécifiques. Pour les extensions de marque, ces coûts doivent être mis en perspective avec la logique d’architecture propriétaire[4].

En pratique, 227 000 dollars n’est pas un budget global, mais le seuil minimal pour entrer dans le processus.

Anticiper plutôt que subir

ICANN 2026 n’est pas une opportunité parmi d’autres. C’est un rendez-vous rare qui engage juridiquement, techniquement et symboliquement. Le temps long du DNS impose une réflexion claire et anticipée.

Dans ce contexte, l’accompagnement fait la différence. IP Twins dispose d’une expérience directe du round 2012. Cette expérience permet aujourd’hui d’anticiper les points de friction, d’éviter les erreurs classiques et de transformer un dépôt de candidature en véritable projet stratégique, plutôt qu’en simple exercice de conformité.

La vraie question n’est donc pas seulement comment déposer, mais s’il faut déposer maintenant, avec quel périmètre et quelle ambition. Le calendrier est public. Les règles sont connues. Le reste relève de la stratégie.

Notes

[1]Quarante ans de DNS : de symbolics.com à l’aube du round 2026, iptwins.com, 2025-11-05.

[2].BRAND : plus qu’une simple extension, une architecture propriétaire, iptwins.com, 2025-11-19.

[3]ICANN, New gTLD Program: 2026 Round Applicant Guidebook, 16 décembre 2025 : icann.org.

[4].BRAND : plus qu’une simple extension, une architecture propriétaire, iptwins.com, 2025-11-19.